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Faugères (Hérault)

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Me voici de retour après ce stage de murailleur dans les montagnes de l’Hérault.

Pas de travail du schiste lors de ces 3 chantiers bien que le schiste soit très présent dans la région de Faugères. Pour ces 3 journées sur des sites différents, rien que du calcaire et du marbre, ce qui n’est pas plus mal, l’objectif principal étant la découverte d’éventuelles techniques différentes.

L’acclimatation, si j’ose dire par ce soleil de plomb, est rapide : les règles de base sont identiques ! Cependant la mise en œuvre peut s’avérer parfois assez surprenante : ici, par exemple, on ne taille pas la pierre – strictement interdit – et on utilise ce qu’on a sous la main; pas de perte de temps à chercher LA pierre qui convient. Il faut dire que la pierre abonde ; il n’y a qu’à se baisser pour la ramasser.

Du coup, comme à Blaton, il y a parfois de fameux trous dans le mur, ce qui nous choquent, nous les murailleurs de schiste. Ce n’est pas grave : « c’est pour les lézards ! »

Par contre, la solidité est à toute épreuve car la règle d’or est simple mais souvent répétée : « Soutiens rien ? Sers à rien !».

D’ailleurs, Claude en a fait une chanson :

« Appuie et ou soutiens.

   Sourde à ce lien,

   Pierre n’est que caillou »

On attaque le mur par sa face avant. On pose la pierre de façade, non sans l’avoir tournée et retournée pour trouver son emplacement. Là aussi, la pierre « sonne » quand est prend sa juste place, les Sètches Pires comprendront bien ce que je veux dire par là. A chaque placement de pierre de façade, on appuye sur son « front » en appliquant sa main (et son poids). Se crée alors un éventuel vide à l’arrière que l’on va combler par une autre pierre qui va caler la pierre de façade. Ainsi calée, la pierre ne bouge plus et on passe à la suivante.

On peut ainsi avoir 2 ou 3 hauteurs de pierre de façade avant d’ « habiller » le reste du mur (ne venez pas dire « combler », vous vous ferez ramasser :-). L’habillement se fait de la même manière : pierre posée puis calée, la taille des pierres diminuant en fonction de l’approfondissement dans le mur.

Les formes diverses et variées de pierres font qu’il est possible de mettre une pierre en biais dans le mur, ce qui n’a de cesse de m’étonner et de me chatouiller. Et pourtant, ça marche très bien ; la pierre en biais présente évidemment un coin en façade mais 2 pierres triangulaires peuvent très bien être associées de part et d’autre. La pierre de biais servira donc de boutisse (pierre placée dans la profondeur du mur) et contribuera à la stabilité et à la solidité du mur.

L’angle du mur par rapport au sol ou fruit est égal ou supérieur au nôtre: de 8 à 15°. Comme en Ardenne, l’épaisseur du mur sera fonction de sa hauteur bien que beaucoup de murs soient plus larges que haut quand, manifestement, il s’agit de murs créés par l’épierrement du terrain.

Un accent très prononcé (nous sommes dans le Sud, té) est mis sur l’angle de la pierre elle-même dans le mur : chaque pierre penchera fortement vers le centre du mur, beaucoup plus que dans nos murs en schiste. Est-ce pour assurer la stabilité de ces murs en pierres de taille parfois assez importantes et de surface inégales ? Toujours est-il que la surface supérieure des murs de soutènement penche très nettement vers le remblai ( de plus de 15°).

Lors du chantier à Faugères même, il nous a été donné de voir et de se faire expliquer un superbe travail de couvrement d’un très vilain mur en parpaing, travail pour lequel toutes les règles de base semblent être bafouées. «Impossible à faire, ça ne tiendra pas », disaient le murailleur pro et l’architecte.

Et pourtant le résultat est là et fameusement solide : le mur de recouvrement en pierre sèche ne fait pas 50 cm à sa base (la moyenne est plutôt de 15-20 cm); il fait plus de 2 m de hauteur sur 4 de longueur et rien ne bouge !

Dans ces chantiers très internationaux, on y retrouvait, outre les Français du coin ou d’ailleurs, des Anglais, des Allemands, des Néerlandais, des Belges et même une Américaine. 14-15 personnes présentes chaque mardi mais, en été, les « Fourmis de Faugères » travaillent quasiment tous les jours.

Incroyable !

Là comme chez nous, les gens du coin sont peu conscients de la richesse de ce patrimoine ancestral, présent pourtant à tout bout de champ, c’est le cas de le dire. Pourtant, les Fourmis de Faugères ne font pas que restaurer murs et capitelles (que l’on appelle ici carabelles) : elles créent également de nouveaux chemins qui assureront la liaison entre les monuments restaurés.

A la base de tout cela, une petite dame, retraitée de l’enseignement, Claude Froidevaux, super active et qui te soulève et te place des pierres que tu n’oserais même pas regarder en peinture !

Et pour l’aider, une bande de joyeux drilles, travaillant dans tous les accents, présents très fréquemment ou à l’occasion de leurs vacances.

Encore un tout grand merci, Claude, pour ses excellents moments passés avec la bande des « Fourmidables ».

.

Envie d’essayer ?

Une adresse email: pierres.vie@gmail.com

Un no de téléphone: 00-33-6 75 98 62 44

Un site Internet: http://www.pierreseche.net/pierrevie

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