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Invitation à notre chantier d’Odeigne, les samedi 28 et dimanche 29 octobre 2017

Les samedi 28 et dimanche 29 octobre 2017, nous vous invitons à participer à la suite du chantier à Odeigne.

Nous avons reçu l’autorisation de la commune pour y créer une crèche en pierre sèche.  Les pierres sont à disposition de l’autre côté de la route.

L’emplacement : à l’entrée du village, la réalisation : un abri identique à ce que l’on a vu à Faugères pour ceux qui y étaient.

Des pierres en suffisance semblable aux photos

Itinéraire :

  • En venant de la Baraque de Fraiture : prendre la direction de Liège par la RN 30, après 2 km prendre à gauche en direction d’Odeigne le chantier est à l’entrée du village (à l’angle de la Rue de la Madone et la route de l’Auneux) ;
  • En venant de Liège : Prendre la direction de Manhay, à Manhay suivre la RN 30 en direction d’Houffalize après 2 km prendre à droite en direction d’Odeigne le chantier est à l’entrée du village (à l’angle de la Rue de la Madone et la route de l’Auneux) ;

Voici la carte :

https://www.google.be/maps/@50.2633279,5.6946851,15.75z?hl=fr

Voici l’emplacement :

https://www.google.be/maps/@50.2600694,5.6877245,3a,75y,248.76h,63.49t/data=!3m6!1e1!3m4!1sRg1APuXEAHsnF_BnIgkB8A!2e0!7i13312!8i6656?hl=fr

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Chantier de Houffalize (St Roch)

Chantier de St Roch terminé !

Du beau travail !

Invitation à notre chantier d’Odeigne, le samedi 16 septembre 2017

Le samedi 16 septembre 2017, nous vous invitons à participer à un chantier à Odeigne.

Nous avons reçu l’autorisation de la commune pour y créer une crèche en pierre sèche.  Les pierres sont à disposition de l’autre côté de la route.

L’emplacement : à l’entrée du village, la réalisation : un abri identique à ce que l’on a vu à Faugères pour ceux qui y étaient.

Des pierres en suffisance semblable aux photos

Itinéraire :

  • En venant de la Baraque de Fraiture : prendre la direction de Liège par la RN 30, après 2 km prendre à gauche en direction d’Odeigne le chantier est à l’entrée du village (à l’angle de la Rue de la Madone et la route de l’Auneux) ;
  • En venant de Liège : Prendre la direction de Manhay, à Manhay suivre la RN 30 en direction d’Houffalize après 2 km prendre à droite en direction d’Odeigne le chantier est à l’entrée du village (à l’angle de la Rue de la Madone et la route de l’Auneux) ;

Voici la carte :

https://www.google.be/maps/@50.2633279,5.6946851,15.75z?hl=fr

Voici l’emplacement :

https://www.google.be/maps/@50.2600694,5.6877245,3a,75y,248.76h,63.49t/data=!3m6!1e1!3m4!1sRg1APuXEAHsnF_BnIgkB8A!2e0!7i13312!8i6656?hl=fr

« Pierres qui roulent… » le médialithe / Saison 18

Avec le gracieux accord des éditeurs…

« Pierres qui roulent… » le média-lithe / Saison 18

sous la direction de Louis Cagin, avec les contributions originales de :

Ada Acovitsioti-Hameau, Marine Bagnéris, Romana Harfouche, Olivier Hérault, Michel Jean, Denis Lacaille, Jean Lafitte, Danièle Larcena.

 224 pages, 45 €.  En librairie depuis le 24 août.

DECOUVRIR LA TABLE DES MATIERES

Préface

par Martin Muriot de la Fédération Française des Professionnels de la Pierre Sèche (FFPPS)

(extrait)

Les ouvrages en pierre sèche intriguent, fascinent. Sans doute du fait de notre difficulté à les comprendre. L’absence de liant déconcerte notre notion de la solidité, déstabilise notre appréhension de l’équilibre, notre rapport au plein et au vide. Notre rapport au temps s’en trouve également brouillé.

Ces constructions nous évoquent un jadis difficile à situer, empreint de tout un imaginaire. On les croit hors d’âge, éloignés de notre contemporanéité. Avec leur faune et leur flore, ils abritent bien des mystères.

S’intéresser aux murs de pierre sèche, c’est, en premier lieu, se mettre en relation avec le matériau. La pierre du mur est souvent brute, tirée du sol, juste là sous nos pieds. Notre main l’effleure, en ressent le grain, la rugosité ou la douceur. Elle nous raconte son histoire, à voix basse, et nous fait remonter le temps, jusqu’aux origines, au commencement : le grès et le calcaire des fonds marins, le gneiss et le granit des profondeurs telluriques, le schiste et le gneiss des plis du manteau et la lave du volcan jaillissant.

Après cette première rencontre, il ne reste plus qu’à s’en saisir, à bâtir. L’idée est simple : organiser les pierres entre elles en jouant de leur forme et de leur poids. Utiliser les vecteurs de forces dans le but de les ramener vers le sol. Assembler, agencer, imbriquer des éléments – les pierres – pour n’en former qu’un, le mur. (…)

Chapitre 1 – Archéologie et histoire des maçonneries 
à pierres sèches

par Romana Harfouche, archéologue

 (extrait)

L’étude des maçonneries à pierres sèches des périodes anciennes se heurte d’emblée à une difficulté majeure: les données disponibles sont fragmentaires, car les constructions que l’archéologue étudie, qu’elles soient encore visibles ou enfouies, sont souvent partiellement détruites par l’érosion et par des réaménagements postérieurs. Les recherches archéologiques récentes ont néanmoins modifié notre appréhension des maçonneries à pierres sèches dans leur dimension temporelle. Pratique très ancienne, elle n’est cependant pas immuable. À l’image communément véhiculée des terroirs éternels, pétrifiés, se substituent progressivement des paysages construits, en mouvement, dont les dynamiques au cours du temps résultent des combinaisons multiples entre facteurs culturels, socio-économiques et environnementaux. Ce chapitre fait référence à des murs et à des parcellaires, situés principale- ment en milieu méditerranéen et dûment datés par les archéologues.

1 LES MAÇONNERIES A PIERRES SECHES ET LA MESURE DU TEMPS

1.1 Typologie et datation

La perception des maçonneries à pierres sèches anciennes est intimement liée à l’histoire de la discipline archéologique. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, savants hellénistes et orientalistes, accompagnés d’architectes, entreprennent de grands chantiers de déblaiement de sites archéologiques majeurs, en Grèce et au Levant (Proche-Orient). Ces investigations mobilisent des dizaines voire des centaines de terrassiers, l’évacuation des volumes colossaux de sédiments se faisant parfois dans des wagonnets sur des rails, véritables chemins de fers miniatures construits à cet effet sur le site archéologique. Dans ces conditions, l’attention du chef de chantier n’est pas portée sur l’analyse stratigraphique, cœur du métier de l’archéologie moderne et seule clé de compréhension de l’histoire du site, mais sur la mise au jour de murs construits en pierres et la reconnaissance d’une organisation en plan de ces derniers. La sédimentation constitutive de la précieuse stratification archéologique est ainsi réduite à de vulgaires déblais, un simple matériau emballant les belles maçonneries et les objets précieux.

La caractérisation de ces maçonneries sert alors de fil conducteur à l’établissement de la chronologie des occupations successives du site archéologique. Cette démarche, dont on connaît aujourd’hui la fragilité, repose alors sur une typologie imprégnée de présupposés qui ne sont pas étrangers à la culture coloniale de l’époque. (…)

Photo : Romana Harfouche. Rempart à redans, en grès de plage (ramleh) et calcaire qui protégeait la ville de Byblos (actuelle ville de Jbayl au Liban) au III e millénaire avant l’ère chrétienne.

Chapitre 2 – Pierre sèche et société

par Ada Acovitsioti-Hameau, anthropologue

(extrait)

Dans ce chapitre, nous examinons la construction en pierre sèche du point de vue de l’anthropologue. Cet angle d’attaque révèle des ancrages ramifiés et profonds qui, à travers un aménagement primaire du territoire, dévoilent systématiquement «le sens du lieu et le sens de la communauté ». Il s’agit bien sûr là d’un sens particulier, qui s’observe localement mais qui, à bien regarder, n’est qu’une formule restituant des savoirs et savoir-faire universels. Cette propriété fondamentale place la technique de la construction en pierre sèche entre différenciation des apparences et convergence des logiques d’usage. Elle permet de comprendre la diversité des profils des bâtisseurs, des types des ouvrages et des implications sociales et culturelles de l’activité. Il s’agit d’une approche à la fois matérielle et immatérielle, qui tient autant compte des roches utilisées et des formes bâties que des mécanismes d’intervention, d’apprentissage, de transmission, de persistance, d’innovation, de mises en oubli, de réminiscences et de mutations. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les interactions entre les dimensions spatiales, temporelles et humaines de la technique, les passerelles qui relient les unes aux autres et qui cimentent les territoires et leurs usagers.

Cette approche n’a rien d’exceptionnel. L’étude des techniques occupe l’anthropologue depuis l’émergence de la discipline. Techniques du corps, interactions et comportements humains, manipulation et transformation de la matière, usages et «carrières» (multiplicité de leurs statuts) des objets sont quelques-uns des domaines explorés. Il serait vain de prétendre pouvoir rendre compte de toutes les tendances apparues au cours du temps, dont, la plupart, s’annoncent et s’affirment dès la fin du XIXe siècle avec les écrits, entre autres, de Marcel Mauss. Suivent, à partir des années 1950, l’œuvre monumentale d’André Leroi-Gourhan et, à partir des années 1970, les travaux des chercheurs comme Robert Cresswell, François Sigaut, Pierre Lemonnier, etc., qui renforcent et animent le champ de la technologie culturelle. André-Georges Haudricourt analyse ce champ comme une science à part entière. Actuellement, Jean-Pierre Warnier et le mouvement MAP: matière à penser théorisent sur le couple fusionnel matière/intellect en mettant en scène «l’homme qui parlait avec ses doigts». Dans un contexte plus philosophique, Bruno Latour illustre le caractère inextricable de ce dualisme en faisant l’analogie avec le ruban de Möbius où, malgré l’amplitude du mouvement, nous circulons toujours sur la même face.

Ainsi, matériaux, outils, artefacts, gestes, savoir-faire, images et concepts entretiennent des rapports complexes entre eux. La même complexité existe entre les éléments matériels et idéels qui les composent. Les uns et les autres ne trouvent leur expression qu’en lien avec des groupes humains et des portions concrètes d’espace. (…)

Photo : Jean Laffitte. Près du prieuré d’Ardène à Saint-Michel-l’Observatoire (Alpes-de-Haute-Provence), cabanon pointu en forme de cône droit datant de 1897.

Chapitre 3 – Les versants en terrasses

L’ossature des territoires de la pierre sèche

par Danièle Larcena, géographe

(extrait)

Depuis la plus haute Antiquité, l’homme a pratiqué l’art d’assembler la pierre à sec pour s’abriter, clôturer et cultiver les pentes. On rencontre des cultures de pentes sur tous les continents, quels que soient les sols, les climats ou les sociétés. Bien sûr, les cultures pratiquées sont différentes qu’il s’agisse d’arbres, d’arbustes ou de plantes herbacées, en sec ou en irrigué, la facture des terrasses diffère aussi selon les matériaux disponibles.

Le point commun de ces pratiques réside dans la nécessité de disposer d’espaces plans dans des pays pentus, pour maintenir des sols minces, cultiver plus facilement et nourrir la population. Ces champs construits, quels que soient leurs faciès, sont des réponses des hommes de toutes régions et de tous climats à la nécessité de vivre, voire de survivre. La culture en terrasses est bien souvent synonyme d’une forte pression démographique et d’une abondante disponibilité de main-d’œuvre. Ce type de paysage s’avère donc indépendant des civilisations, des climats et des altitudes.

Les pays méditerranéens n’ont absolument pas l’exclusivité des paysages agricoles de pente. Cependant, ils sont un milieu privilégié de ces territoires de la pierre sèche. Les sociétés méditerranéennes vivent dans un milieu d’une grande unité physique, caractérisée par son climat. La contrainte climatique est la plus rigoureuse: la pluviométrie peut être variée, mais surtout elle est quasi inexistante en été, irrégulière et de caractère orageux. Aussi, la gestion de l’eau, de tout temps, a dû répondre à des situations de pénurie mais aussi à des situations de surplus.

Autre caractère commun majeur, ce pourtour méditerranéen est pourvu de reliefs importants où les hommes se sont établis, par nécessité d’habiter et de vivre: les «bas pays» sont restés longtemps le domaine des marécages infestés par le paludisme, des fleuves dévastateurs, de l’insécurité des guerres et des pillages. Villages perchés et cultures de pente sont un trait marquant des pays méditerranéens.

Mais ces montagnes paraissaient impossibles à cultiver: des pentes abruptes, des roches peu résistantes dans l’ensemble, des sols réduits en poussière par la sécheresse prolongée de l’été, une végétation dégradée, souvent réduite par les incendies de forêts, des averses très agressives. En conséquence, un système d’érosion méditerranéen qui emporte naturellement les sols des massifs, souvent réduits à une ossature rocheuse, vers les dépressions. L’instabilité des versants va représenter une contrainte, voire un risque majeur plus ou moins permanent pour les sociétés méditerranéennes.

Pour parvenir à retenir les sols et à cultiver ces versants instables, les hommes les ont modelés en de savants territoires agricoles de « pente », structurés de murets de pierre sèche que Fernand Benoît a pu qualifier de «civilisation pétrée». Dans ces milieux qui paraissent arides, l’eau a représenté un élément essentiel d’artificialisation et d’organisation : l’aménagement des versants est fondé principalement sur le drainage des eaux et leur captage pour l’arrosage des cultures. La construction des terrasses de culture, modèle de nature façonnée, a ainsi transformé les versants et modifié leur hydrodynamisme.

Comment se sont mis en place et comment fonctionnent ces milieux artificialisés? Quelles perturbations ont-ils introduites dans le géosystème originel des versants ? (…)

Photo : Danièle Larcena. Mur en « clavade » barrant un talweg. Cévennes, France.

Chapitre 4 – Les paysages de la pierre sèche

par Denis Lacaille, paysagiste

1 TROIS SITES DE TERRASSES

Les versants aménagés en terrasses de culture structurent fortement les paysages, révélant un génie des lieux. Leur lecture et leur parcours sont des moments d’étonnement et d’émotion: des hommes ont rebâti, là, des montagnes à mains nues afin de pouvoir y vivre. Dans ces moments d’admiration je repense souvent à ce qu’en dit Fernand Braudel dans l’immense ouvrage La Méditerranée : Le plaisir des yeux, la beauté des choses dissimulent les trahisons de la géologie et du climat méditerranéen. Ils font trop facile- ment oublier que la Méditerranée n’a pas été un paradis gratuitement offert à la délectation des hommes. Il a fallu tout y construire, souvent avec plus de peine qu’ailleurs. 

Ma lecture du paysage, si elle est géographique et technique, est aussi émotionnelle donc esthétique. Je suis paysagiste et la beauté me guide. La justesse architecturale des «prises de site » et la science des murs me fascinent. J’ai privilégié dans ce chapitre trois paysages méditerranéens et autant de sites différents dans leur histoire passée et présente. Ils présentent chacun, d’ouest en est, un enjeu spécifique: un cru viticole réputé à Banyuls dans les Pyrénées-Orientales, un conservatoire dans le Parc du Luberon à Goult dans le Vaucluse, un littoral agricole convoité par l’urbanisation à Carqueiranne dans le Var. De chacun, j’ai voulu exprimer le rapport au grand paysage, le génie propre au cours des temps et enfin le devenir, parce qu’il n’est pas si fréquent de voir vivre des terrasses de culture de nos jours.

À mes émois esthétiques s’adossent des questions techniques et économiques, qui trouvent souvent les réponses dans les échanges avec les acteurs locaux du paysage.

1.1 Les terrasses du cru Banyuls

Le paysage de la Côte Vermeille

La séquence routière qui sinue en corniche de Collioure à Cerbère, dans les découpes d’une Côte Vermeille où les Pyrénées chutent dans la mer, a de quoi interpeller le voyageur. En contre-point d’une mer étale et souvent bleue se dresse une montagne de roches rouges, zébrée de terrasses couvertes de vignes. Il n’est pas nécessaire d’être amateur de paysages viticoles pour s’en étonner: le voyageur trouve une réponse dans les nombreux appels à déguster les vins de Collioure et Banyuls, dans les Pyrénées-Orientales. « Vermeille », la côte avait été ainsi qualifiée avec l’avènement du tourisme au XIXe siècle, tant en raison des lumières à certaines heures du jour qu’à la nature de la pierre. Les schistes rougeâtres qui la caractérisent trouvent leur origine à l’ère primaire dans un dépôt sédimentaire qui sera fortement bousculé à l’émergence de la chaîne pyrénéenne. Cet aspect de l’histoire du paysage est utile à connaître lorsqu’on découvre des terrasses accrochées aux flancs torturés et déchiquetés de la montagne.

La vigne est cultivée en Méditerranée depuis l’Antiquité et ce seraient les Phéniciens et les Phocéens venus d’Asie Mineure qui l’auraient introduite. Au Moyen Âge elle est mentionnée à Banyuls dans un texte de 991 et l’on sait que les vins doux naturels y sont cultivés depuis le XIIIe siècle. L’essor du vignoble est dû aux Templiers qui auraient apporté du Moyen-Orient la technique des terrasses soutenues par des murettes en pierre sèche. C’est ainsi que naquirent les « vignerons sculpteurs de montagnes». (…)

Photo : Denis Lacaille. Au débouché d’un canal d’irrigation.

Chapitre 5 – Analyse technique de la construction en pierre sèche

par Louis Cagin, murailleur

(extrait)

De manière générale, les maçonneries de pierre les scellent entre elles grâce à une matière liante qui agit comme une colle, enrobant leur enveloppe et remplissant les espaces vides. On construit « à sec » et en pierre sèche avec seulement des pierres sans utiliser de liant, que ce soit du mortier ou tout autre produit. La construction à sec est ainsi définie comme « sans liant ». De fait la cohésion d’un ouvrage maçonné à sec tient à la seule mise en place de contacts par lesquels vont transiter des forces d’interaction entre les pierres. Cette installation compensant les forces extérieures exercées par l’environnement, telles que la gravité ou la poussée des terres dans le cas d’un soutènement, en les intégrant dans sa structure. Elle réalise ainsi son équilibre avec les forces mêmes qui sont susceptibles de causer sa ruine. Ce chapitre restitue le point de vue du murailleur sur l’analyse des structures maçonnées à sec et des aménagements qu’elle permet. Il analyse les impératifs techniques de la pose des pierres et du geste qui la réalise.

1 LA PIERRE

La lithosphère terrestre est l’enveloppe rocheuse la plus externe de la Terre. Nous vivons sur la croûte terrestre, la partie la plus superficielle de cette lithosphère. Les roches qui la constituent sont des assemblages de minéraux. Leur diversité reflète des compositions chimiques et conditions de formation différentes, fruit d’un constant remaniement de cette croûte au cours de ses quatre milliards d’années et demi d’histoire.

1.1 Le matériau pierre

Sont considérés comme «pierres», dans le domaine de la maçonnerie, des volumes utilisables d’un seul tenant détachés de la roche originelle. Le stock de pierres disponibles, étant le matériau exclusif mis en œuvre, dans l’acte de maçonner à sec, tous les éléments le concernant deviennent des éléments déterminants, chacun avec leur propre importance. La très grande diversité des appareillages rencontrés en pierre sèche montre l’adaptation dont ont fait preuve les maçons face à la diversité des pierres locales travaillées selon leurs particularités et leur disponibilité. La pierre, par sa granulométrie, sa forme, son angularité, sa rugosité, son poids, etc., conditionne :

• les assemblages pierre à pierre les plus performants;

•l’organisation de l’ouvrage dans sa structure.Le maçon trie les pierres d’un stock afin de les installer en optimisant techniquement son ouvrage selon leur différence ;

• l’adaptation de l’ouvrage dans ses solutions techniques et ses dimensions pour pallier les défauts et manques du stock de pierres disponibles.

La matière

Les compositions chimique et physique des pierres diffèrent. Elles peuvent ainsi être constituées de matières plus ou moins poreuses, rugueuses, imperméables, denses, légères, dures, faciles à désagréger ou déliter, sensibles aux intempéries telles l’humidité, le gel ou le vent et plus ou moins faciles à tailler. Chacune de ces particularités sera prise en compte lors du travail d’assemblage et de mise en place. Soit pour les contourner en tant que « défaut », soit pour les utiliser de façon optimale en tant que « qualité ».  (…)

Photo : Sunny Wieler. Mur à Burren (Irlande).

Chapitre 6 – La vision du mécanicien

par Marine Bagneris et Michel Jean, chercheurs en génie mécanique

(extrait)

Qui contemple un mur est frappé par le graphisme de la disposition des pierres. Tel motif relève d’un style où l’on décèle l’appareillage, la granulométrie, l’angularité. Le graphisme contente le regard. L’esprit admire l’artiste qui n’est autre que le murailler qui a construit en choisissant aux alentours les matériaux qu’il a savamment imbriqués selon des règles millénaires. En fait, son dessein premier n’est pas l’esthétique mais la solidité, et la beauté du mur en est le résultat. Le mécanicien quant à lui devine d’autres graphismes qui illustrent la manière dont l’édifice se tient et comment les règles du murailleur et ses visions de mécanicien sont semblables. Ce sont les mots de l’un et de l’autre qui peuvent différer. L’appareillage, c’est-à-dire la manière dont les pierres sont disposées les unes par rapport aux autres, la granulométrie, c’est à dire la distribution des dimensions des pierres, l’angularité, c’est-à-dire les angles plus ou moins aigus que font les faces entre elles, sont des mots du vocabulaire utilisé par les mécaniciens des sols pour caractériser les matériaux granulaires que sont les sables, les graviers, les enrochements… En réalité, pour le mécanicien, il n’existe aucune différence entre un tas de sable, un mur de pierre sèche, une arche du pont du Gard: il s’agit de « collections de corps rigides en contact unilatéral avec frottement sec ». Avant d’expliciter cette formulation savante, nous proposons de dérouler le fil du temps. Ce petit détour historique n’a aucune prétention à l’objectivité la plus stricte. Il rappelle simplement les tentatives de théorisation auxquelles la maçonnerie de pierre sèche a longtemps échappé. Rien ne peut paraître plus élémentaire que la construction d’un mur de soutènement comparativement à la grandeur des ouvrages d’art… et pourtant! La seconde partie est consacrée à la présentation d’une méthode de calcul et à quelques concepts mécaniques qui la régissent. Nous l’avons ensuite appliquée à des exemples de murs existants afin de vérifier que les deux approches, gestuelle chez le murailleur, et conceptuelle chez le mécanicien, s’accordent.

1 UNE QUÊTE DE RAISON

1.1 La « moindre construction »

Dans sa description «des différentes espèces de maçonneries», Vitruve ne souffle mot sur la construction en pierre sèche qu’il semble reléguer au temps «des premiers hommes». Parmi les judicieux conseils prodigués pour garantir la solidité d’un mur, l’intégrité des joints de mortier est un gage de pérennité pour les anciens de l’Antiquité. Pourtant, ces derniers ne semblent pas ignorer cette technique de construction, comme le rapporte Marcus Varron au sujet de clôtures de villages faites en maçonnerie de pierres entassées  qu’il observe lors d’un passage dans une province romaine. Rapportant ce témoignage, Léon Battista Alberti est conscient de la diversité des modes constructifs mais sa rigoureuse théorisation de la construction d’un mur en pierre exclu, là encore, l’absence de mortier. (…)

Photo : Louis Cagin. Le mur de Ganagobie : appareillage assisé.

L’ECHO DES CAILLOUX…

l’actualité du réseau

« Voyage au centre de la pierre

 Une expédition minérale et artistique »

2eme édition

 Au cœur du charmant village de Chilhac (Haute-Loire), venez deux jours durant découvrir et fêter la pierre dans tous ses éclats. 

Venez écoutez ce quelle nous raconte,  

venez voir ce qu’elle nous inspire, 

venez à son contact pour la rencontrer…

 PROGRAMME COMPLET

 

 

¨Découvrez ou re-découvrez les numéros précédents de « Pierres qui roulent… »

Conception, rédaction (sauf mention contraire) et mise en page: Martin Muriot
Conception graphique et infographie: Johan Mary

Production: association « Laviers & Muraillers de Bourgogne »
Tous droits réservés – Septembre 2017

Les « Sètches Pires » sur la RTBF (12-08-2017)

Reportage pour le 13h de la RTBF, ce 12 août 2017.

La caméra a suivi un des chantiers des « Sètches Pires » à Houffalize puis fait un petit détour par les jardins de Wibrin avec Amandine Schauss, du PNDO.

Cliquez sur la photo pour suivre ce reportage sur le site Auvio de la RTBF.


On en parle…

 

Bonjour,

Voici l’article de presse sur la remise des prix du RND: 20170612_L-Avenir-Local-Luxembourg_p-6

Bien à vous, Jean-Noël

Invitation à notre chantier de Salle (Bertogne), les 25 & 26 mars 2017