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Construction de chemins forestiers

Aide mémoire du ForestierChemin_empierre_2
À l’usage des Agents et Préposés des Eaux et Forêts,
Pépiniéristes, Experts, Régisseurs,Marchands de bois et Propriétaire forestier.

Gembloux
Imprimerie J. Duculot, éditeur-libraire

1931

L. Brichet et J. Duterme

Gardes Généraux des Eaux et Fôrets

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Construction de chemins forestiers.

Nous ne donnerons pas une technique détaillée de la construction des chemins forestiers, mais bien la façon de procéder à quelques travaux courants.

1. Construction d’un chemin empierré.
Généralement, ce travail consiste dans l’empierrement de chemins de terre existants.
Un nivellement préalable est presque toujours indispensable pour établir le profil en long et quelques profils en travers du chemin.
Pour obtenir une pente régulière, il est souvent nécessaire de faire des travaux de terrassement, soit de remblais, soit de déblais. En cas de remblais, il est bon de laisser la terre rapportée se tasser pendant quelques mois avant de procéder à l’empierrement, pour que celui-ci repose sur une assise bien stable.

Creusement du coffre – Le coffre aura la profondeur que l’on veut donner à l’empierrement : 0,25 à 0,30 m, avec un bombement de 1/20 à 1/30 de la largeur du chemin. Les terres sont rejetés sur les accoutrements.

Empierrement. – On procède d’abord au placement des bordures. Celles-ci sont choisies parmi les moellons les plus réguliers, avec les dimensions minimum de: 30 cm de hauteur, 20 cm de long et 10 à 12 cm d’épaisseur. On les places très légèrement inclinées et de façon que les faces extérieures soient en ligne droite. Elles sont posées jointivement et affermies. Entre les bordures, on place les moellons d’enrochement de dimensions suivantes : 18 à 22 cm de hauteur, 15 à 20 cm de longueur, 8 à 12 cm d’épaisseur à la base et 6 à 12 cm à la face supérieure. Ils sont placés sur le champ, bien gisant, la plus grande longueur perpendiculaire à l’axe du chemin et serrés les uns contre les autres. On remplit les vides à l’aide de pierres plus petitse que l’on cale à la masse, de façon à obtenir un enrochement solide et formant bloc.
En même temps, on rabat la partie des moellons qui dépasse l’ensemble, de telle sorte que la surface supérieure devienne assez uniforme.
L’enrochement terminé, on épand les pierrailles de type 4/6, 2/4 ou 2/6 avec une épaisseur de 8 à 12 cm. Pour fixer la pierraille, on la recouvre d’une couche de liant : schiste (2 cm) ou terre (4 cm).
Habituellement, les chemins forestiers ne sont pas cylindrés, mais néanmoins c’est un travail recommandable.

Écoulement des eaux. – En vue d’assurer l’écoulement des eaux et l’assèchement du chemin, on ouvre, partout où la chose est possible, des fossés bordiers de dimensions variables. Ces fossés et le bombardement de la route suffisent ordinairement à maintenir le chemin sec. Toutefois lorsque le fond du coffre est une argile imperméable, on n’y pratique, pour en écouler l’eau, de petits caniveaux passant sous l’accotement pour aboutir au fossé bordier. Si le terrain est en palier, il est nécessaire d’aménager le fond de coffre en pente et contre-pente de 0,005 m, dont les points bas communiquent avec les caniveaux transversaux.

Quantité de matériaux à employer par mètre carré d’empierrement :
1. Moellons. – Enrochement de 12 à 22 cm d’épaisseur (moyenne : 20 cm), soit au mètre carré un volume de 0,200 m³ ; volume qui il y a lieu de majorer de 25 à 30 %, pour tenir compte du calage et des bordures, ce qui porte à environ 0,250 m³ la quantité de moellons nécessaire pour 1 m² d’empierrement.

Chemin_empierre_1

2. Pierrailles. – La pierraille a une épaisseur moyenne de 10 cm, soit un volume de 0,100 m³ au mètre carré.
Si au lieu du volume, on veut évaluer en poids la quantité de matériaux nécessaires, il suffit de savoir que 1 m³ de moellons (porphyre, Quartzite, Grès) pèse en moyenne 1500 à 1600 kg, suivant la nature de la pierre.

Entretien du chemin. – L’entretien dans le chemin empierré consiste principalement dans le comblement des ornières et le curage des fossés ; en cas de pente forte, par l’ouverture de cassis transversaux (saignées), légèrement obliques qui empêcheront les eaux de suivre les ornières et de raviner le chemin.

Aimablement communiqué par Jules Paquay

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